Le hameau de Dampierre

Histoire de "Châteauneuf"

 

A deux kilomètres à l'est de Dampierre, Chateauneuf trouve l'origine de son nom vers le XVIè siècle. Le vieux château de Fraisans étant détruit on établit directement en face, un autre ouvrage, pour protéger le passage du Doubs. Ce fut le "fort des rattes" appelé aussi le château neuf.

Chateauneuf, descend de la route au canal Il fait partie de Dampierre, mais communique mieux avec Fraisans, dont il est tout proche.
Le nom du hameau est assez récent, son existence aussi.


A l’origine il y avait seulement « La Maison Rouge », ancien relai sur la voie romaine. Vers le XVIème siècle, le vieux château étant détruit, on établit, directement en face, un autre ouvrage pour protéger le passage du Doubs : ce fut «Le Fort des Rattes», appelé aussi «Le Château Neuf» On en voyait naguère encore quelques vestiges.
Des maisons furent construites aux alentours : il y en avait 7 en 1850.
Le développement industriel de Fraisans fit naître le reste du hameau.


Tout le monde travaillait aux Forges, et par la suite beaucoup de personnes ont travaillé à Calor puis à Téfal, qui étaient les usines les plus importantes du canton, établies au cœur même de Chateauneuf.


A Chateauneuf, la commune avait acheté en 1872 le puits de Jacques Girard, qui permettait aux habitants d’avoir de l’eau pour eux-mêmes et leurs bêtes. Mais pour laver le linge, les ménagères étaient obligées de se transporter au bord du Doubs. En 1890, on établit un lavoir public au bord du canal, en aval du pont.


En 1886, Charles Giboz, qui avait été instituteur et secrétaire de mairie, devient maire de Dampierre et a la charge de s’occuper de l’école de Châteauneuf. Il y a plus de 40 enfants d’âge scolaire, qui ne peuvent être reçus ni à Fraisans, ni à Dampierre où les locaux sont déjà remplis.
Dès 1884, l’ Académie avait nommé un instituteur, qui professait dans une maison particulière, mais à la condition formelle : «que la commune construira une école neuve d’ici 3 ans» C’est en 1892 seulement qu’elle se décide à acheter un terrain appartenant à Jacques Girard. La construction qui commence aussitôt coûtera 13 545 francs, et à la rentrée en 1893, l’instituteur Edmond Duvois inaugurera la nouvelle école.
Châteauneuf garde pendant toute cette période, la grande animation que lui valent sa population ouvrière et la proximité des Forges. Chaque matin, des centaines d’ hommes en sabots font retentir la rue principale, chaque mercredi et samedi, ce sont les femmes poussant leurs petites charrettes pleines de victuailles pour le marché, et une fois par mois, c’est le défilé des paysans amenant leurs bêtes à la foire. Le bas du village assiste chaque jour à l’arrivée des péniches, venant déverser sur le port la houille, la fonte, la ferraille. Les convois sont tirés par des chevaux, qu’on amène ensuite au repos dans les écuries de l’hôtel de la Marine. Il y a aussi tout près, trois cafés bien fréquentés surtout le dimanche, et puis chaque année, le dimanche après Pâques, la Saint-Albert, avec tirs, manèges, chevaux de bois, bals publics et «galette au goumeau» dans toutes les familles.


Lors de la construction de la maison commune, on avait prévu un local pour une pompe à incendie, et dès 1871, le conseil municipal avait voté une somme de 3000 francs et passé un marché avec le sieur Guyon, de Dole, pour en faire l’ acquisition. Lorsque les cloches sonnaient pour un feu, tout le monde « s’ aidait » , en faisant la chaîne avec des seaux d’eau, tandis que quatre hommes actionnaient le balancier, et qu’un autre dirigeait la lance. Pour rendre l’opération plus efficace, une compagnie de sapeurs-pompiers est crée en 1888, composée de 29 hommes tous «habillés et équipés». Le plus gros incendie qu’ils eurent à combattre, avec leurs collègues de Fraisans et d’Evans, fut celui de la Maison Rouge, le 14 octobre 1910. En pleine nuit, le feu attisé par une bise violente, envahissait le grenier bien rempli. On ne put le maîtriser, par suite du manque d’eau, et de l’important bâtiment, il n’est resté pour de longues années que des murs en ruines.


Après guerre, Chateauneuf va bénéficier d’une implantation industrielle importante avec l’arrivée de «Calor». A l’origine de l’usine de Chateauneuf, on trouve l’initiative personnelle d’ André Zurcher, inventeur d’un rasoir électrique, qui lance «La Précision Franc-Comtoise». La firme lyonnaise «Calor» s’y intéresse et construit l’usine en 1952. Plus de 200 personnes y sont employées a la fabrication des rasoirs et de pendules électriques. L’usine de créosotage de traverses, aux limites de Dampierre et Fraisans, a un caractère plus familial encore, et a décuplé sa production depuis sa fondation en 1932. Plus de 3 millions de traverses en sont sorties, ce qui représente 25 000 kilomètres de lignes de chemin de fer, répartis dans le monde entier .


De nos jours, ces usines ont fermées leurs portes. Quelques petites entreprises ont repris les anciens locaux «Téfal», et Chateauneuf est devenu un joli hameau où il fait bon vivre.

 

Documents recueillis d ‘après le livre du Père Gabriel Pelletier
« Dampierre et Fraisans au cours des âges »

 

Commune de Dampierre (39700)

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